Mercredi 24 Octobre 2007 - Les réformes à venir et la législation en-cours
Le Conseil d'Orientation des Retraites a publié lundi de nouvelles projections concernant l'avenir des retraites. Par rapport aux prévisions de 2005, celles-ci sont dégradées, avec un coût du système des retraites estimé à 25 milliards d'euros d'ici 2020. Des perspectives provisoires qui sont encore à affiner.
En pleine réforme des régimes spéciaux et alors que le rendez-vous 2008 approche à grand pas, le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) a publié lundi un rapport qui comporte de nouvelles prévisions sur l'avenir à moyen et long terme du système des retraites.
Ces résultats, même s'ils sont « encore provisoires et sujets à des modifications », ne sont pas très encourageants. En effet, le COR évalue à environ 25 milliards d'euros (1% du PIB) le besoin de financement du système de retraites en 2020, une perspective plus dégradée que celle présentée en 2005 (0,8% du PIB). Dans ses « projections actualisées », le COR précise qu'en « supposant inchangée la réglementation actuellement en vigueur [...] le besoin de financement du système de retraite se creuserait jusque vers 2040 ».
Le papy-boom va creuser le déficit
Pourquoi une telle prévision ? La raison est démographique. « Le nombre des retraités progresserait rapidement, passant de 13,8 millions aujourd'hui à 22,3 millions en 2050. Sous l’effet de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses du baby boom, la hausse serait particulièrement rapide jusque vers 2035 ».
Et il s'avère que malgré les réformes entamées par le gouvernement, « la diminution du rapport démographique contribue à dégrader la situation financière du système de retraite ». En clair, le rapport cotisants/retraités, sera toujours trop bas. Ainsi selon les nouvelles prévisions, on comptera 121 cotisants pour 100 retraités en 2050 (actuellement ce rapport est de 182 cotisants pour 100 retraités).
Comment ont été établies ces projections ?
Il faut préciser que seuls les principaux régimes de retraite participaient à cet exercice « d’actualisation » : la CNAV, le régime des fonctionnaires, la CNRACL (agents des collectivités locales), l' ARRCO, l’AGIRC (retraites complémentaires des salariés et cadres) et l'IRCANTEC (agents de l'Etat non titulaires). Les résultats ont été obtenus à partir des projections financière à long terme des ces régimes et elles suivent « un scénario de base* » retenu par le COR.
Y a-t-il un espoir d'amélioration ?
En dehors de ce scénario de base, des variantes ont été établies avec des versions plus « pessimistes » et d'autres plus « optimistes » selon trois facteurs : le taux de fécondité, le taux de mortalité et le solde migratoire. En se basant sur un taux de fécondité plus élevé que prévu, rien ne changerait à la situation à moyen terme (2020), mais cela contribuerait à augmenter le rapport démographique d'ici 2050 (127 cotisants pour 100 retraités). En se basant sur un taux de mortalité plus élevé que prévu, l'effet serait plus rapide, avec un besoin de financement de « seulement » 20 milliards d'euros en 2020. Enfin, concernant le solde migratoire, les bénéfices seraient clairs dès 2020, si ce solde était plus fort que prévu (si le nombre de personnes entrant en France était plus élevé que le nombre de personnes en sortant).
*Rappel des hypothèses du scénario de base :
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