24 août 2018

Faut-il attendre 65 ans pour avoir une retraite à taux plein ?

Pour tous les salariés du secteur privé, les artisans, les commerçants, les travailleurs indépendants, les professions libérales, les salariés et non-salariés relevant des régimes agricoles et les agents de la fonction publique, la pension de retraite peut être calculée au taux maximum à l’âge de 65 ans. En effet, le taux plein est appliqué automatiquement lorsque l’assuré demande sa retraite entre 65 et 67 ans selon son année de naissance. Il équivaut à 50% de la moyenne des 25 meilleures années de rémunération dans le secteur privé et à 75% de la moyenne des 6 derniers mois de traitement indiciaire (hors primes et avantages) dans le public. Mais pour bénéficier de ce taux de calcul maximal, il n’est pas obligé d’attendre 65 ans, il a seulement besoin de réunir quelques conditions.

Partir à l’âge légal en réunissant le nombre de trimestres requis

Après les réformes de 2013, un salarié peut obtenir une retraite à taux plein entre 61 ans et 2 mois et 62 ans dès lors qu’il réunit le nombre de trimestres requis ou la durée d’assurance. Elle est fixée entre 166 à 172 selon son année de naissance.

Pour un assuré
né à partir de

Nombre de trimestres nécessaires
pour le taux plein

1955

166

1958

167

1961

168

1964

169

1967

170

1970

171

1973

172

Dans certains cas, il est possible racheter des trimestres pour compléter l’assurance et ainsi valider des périodes pour lesquelles vous n’avez pas cotisé. C’est le cas des années d’études supérieures validées par un diplôme et des années civiles d’affiliation validées par moins de 4 trimestres. 12 trimestres peuvent être rachetés et le prix dépend de l’âge du demandeur, de son revenu brut annuel et de l’option de rachat choisie : taux de liquidation seul ou taux et durée d’assurance.

Partir dès l’âge légal sans le nombre de trimestres requis

Vous pouvez aussi liquider vos droits à la retraite à taux plein dès l’âge légal de départ à la retraite (62 ans), si vous êtes reconnu et déclaré médicalement inapte au travail avec un taux d’incapacité égal ou supérieur à 50%.

Ont droit à la retraite au taux maximum dès l’âge légal :

– les bénéficiaires d’une pension de retraite après avoir été bénéficiaire d’une pension d’invalidité

– les anciens combattants ou prisonniers de guerre, anciens déportés ou internés qui remplissent les conditions de durée de services ou de captivité.

– les mères « ouvrières » de trois enfants et plus disposant d’au moins 120 trimestres (30 ans) de cotisation.

Partir en retraite anticipée avant l’âge l’égal

Vous pouvez bénéficier d’une pension sans décote, avant l’âge légal et avant l’âge d’obtention automatique du taux plein en cas de longue carrière. En clair, si vous avez commencé à travailler très jeune et avez cotisé 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 16, 17 ou 20 ans selon les cas. Cette retraite anticipée vous sera aussi accordée si vous avez le statut d’assuré handicapé avec un taux d’incapacité permanente égal ou supérieur à 80 % ou celui de travailleur handicapé. Vous devez alors justifier durée minimale d’assurance vieillesse.

Partir à la retraite pour pénibilité dès 60 ans

Si vous souffrez d’une incapacité permanente au titre d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail, alors vous pouvez partir à la retraite dès 60 ans en bénéficiant d’une retraite à taux plein. Il y a deux possibilités :

– L’incapacité permanente doit être au moins égale à 20 % et due à une maladie professionnelle ou à un accident du travail ayant causé des lésions identiques à celles indemnisées pour maladie professionnelle.

– L’incapacité permanente est comprise entre 10 et 20 % et elle est due à une exposition à certains facteurs de risques professionnels pendant au moins 17 ans.

Dans quels cas il faut attendre le taux plein à 65 ans ?

Dans certains cas exceptionnels, il est impossible d’obtenir une retraite à taux plein avant l’âge d’obtention automatique du taux plein, fixé à 65 ans :

– les nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1955 inclus avec au moins 3 enfants et une interruption et/ou une réduction de leurs activités professionnelles pour éduquer au moins l’un de ces enfants.

– les personnes ayant arrêté de travailler pendant au moins 30 mois consécutifs en tant qu’aidant familial ou tierce personne auprès une personne handicapée percevant l’allocation compensatrice pour tierce personne au taux de 80%.

– les personnes ayant été salariées ou aidant familial de leur enfant bénéficiaire de la prestation de compensation du handicap (PCH) dans le cadre du dispositif prévu en cas d’aide humaine pendant au moins 30 mois.

– les personnes reconnues handicapées, à un taux d’incapacité permanente supérieur à 50% qui n’ont pas droit à la retraite anticipée pour handicap.

– les personnes justifiant d’au moins un trimestre au titre de la majoration de durée d’assurance pour enfant handicapé.